Pour garantir sa pérennité, l’entreprise doit trouver les financements nécessaires à la mise en œuvre de sa stratégie et à la poursuite de ses activités. On distingue les besoins de financement liés au cycle d’investissement et ceux liés au cycle d’exploitation.

Le financement du cycle d’investissement

1. Le cycle d’investissement

L’investissement représente l’acquisition par l’entreprise de biens durables (locaux, machines, véhicules…) dans le but d‘en retirer un profit futur. Les investissements engagent donc l‘entreprise pendant une longue période et le cycle d‘investissement est un cycle long qui accompagne le développement de l’entreprise. Pour préserver l’équilibre financier, le cycle d’investissement doit être financé par des ressources financières à long terme.

Exemple : dès la création de sa pizzeria, M. Pepino a dû acquérir un four, une chambre froide et du matériel de cuisson. Pour les financer, il a complété son apport personnel par un emprunt bancaire sur 5 ans.

2. L’impact des stratégies sur le cycle
d’investissement

Au cours de la vie de l’entreprise, le rythme et l’importance des investissements dépendront des stratégies mises en œuvre.

Les stratégies de focalisation ou de spécialisation, sans accroissement d’activité, ne nécessitent souvent que des investissements de remplacement lorsque les équipements sont obsolètes ou insuffisamment performants. Les stratégies de diversification, de domination par les coûts et de croissance interne, imposent des investissements de modernisation ou de capacité importants et à un rythme soutenu.

Les stratégies de croissance externe ou d’internationalisation exigent souvent des investissements financiers ponctuels mais importants (acquisitions, prises de participation, etc.).

Exemple : poursuivant une stratégie de domination par les coûts et donc un objectif d’économies d’échelle, Michelin investit 350 millions de dollars sur 4 ans pour agrandir et moderniser ses unités de Caroline du Sud (États-Unis).

Le fonds de roulement (FR)

Les capitaux employés pour financer les investissements sont indisponibles durant de longues périodes. On inscrit donc les investissements à l’actif du bilan de l’entreprise : comme « immobilisations ». Pour garantir son équilibre financier, l’entreprise doit financer ses investissements par des ressources financières à long terme (Capitaux propres, emprunts…) que l’on inscrit au passif du bilan comme « capitaux permanents ».

Le calcul du fonds de roulement (FR) permet de vérifier que l’équilibre financier est réalisé :

FR = Capitaux permanents – Actifs immobilisés

Si le résultat est négatif, l’équilibre financier n’est pas respecté, ce qui fragilise l’entreprise.

L’entreprise doit s’assurer de l’adéquation entre la stratégie choisie et les ressources financières dont elle dispose ou peut disposer préalablement à toute mise en œuvre.

Le financement du cycle d’exploitation

1. Le cycle d’exploitation

Le cycle d’exploitation comprend l’ensemble des opérations successives réalisées entre l’achat et la vente (achat, stockage, production, distribution, vente). C’est en général un cycle court.

Entre le paiement des achats et des charges et l’encaissement des ventes, l’entreprise doit disposer d’une réserve suffisante pour financer son cycle d’exploitation.

2. Le besoin en fonds de roulement (BFR)

Le cycle d’exploitation fait apparaître des besoins mais également des ressources de financement :

Le montant et la durée du stockage représentent une charge d’exploitation importante à financer.

Le montant et la durée des créances clients consécutives aux délais de paiement que l’entreprise accorde à ses clients engendrent des besoins de financement de courte durée mais constamment renouvelés.

Le montant et la durée des dettes fournisseurs consécutives aux délais de paiement que les fournisseurs accordent à l’entreprise constituent une ressource de financement de courte durée mais récurrente.

La différence entre les besoins liés aux stocks et aux créances clients et les ressources provenant des dettes aux fournisseurs détermine le besoin de financement lié au cycle d’exploitation ou besoin en fonds de roulement.

Exemple : la société Distrivert dispose de stocks pour faire face à 80 jours d’activité et ses clients la règlent à 60 jours. Le cycle d’exploitation total est donc de 140 jours. Cependant, ses fournisseurs lui accordent un délai de paiement de 30 jours. Son BFR est donc équivalent à 110 jours de chiffre d’affaires moyen.

3. L’impact des stratégies sur le BFR

Les besoins de financement du cycle d’exploitation évoluent le plus souvent proportionnellement à l’activité : lorsque le chiffre d’affaires augmente, le BFR augmente également. Toutes les stratégies ayant un impact sur l’activité de l’entreprise ont donc un impact sur le BFR. Les stratégies de croissance vont entraîner une augmentation du BFR. Les stratégies de diversification peuvent en modifier la structure puisque chaque activité aura un cycle d’exploitation propre et donc des besoins spécifiques.